Evènements fétichistes et érotiques
Une chronique proposée par MaitresseMonozuki
depuis le 28/05/2008
Maîtresse Monozuki vous propose au travers de cette chronique le récit de ses visites dans les différentes expositions, galeries, musées, soirées SM et autres évènements.
Traces du sacré

Une lecture SM de l exposition de Beaubourg

L'artiste à besoin de transgression pour exister

Crédit Photo : Max Ernst, La Vierge corrigeant l?Enfant Jésus devant trois témoins : André Breton, Paul Eluard et le peintre, 1926
© Adagp, Paris 2008
Museum Ludwig, Cologne, photo Stadt Köln, Rheinisches Bildarchiv / Autorisation gracieuse
L'artiste à besoin de transgression pour exister. C'est la même démarche quand le SM transgresse le sexe.
Quand les rapports sexuels sont devenus banals, qu'il faut plus pour jouir, on peut dire qu'il y a transgression.
Et c'est alors tout naturel d'inventer de nouveaux jeux, de nouvelles règles qui vont permettre aux sens de s'exprimer sur un nouveau registre. On repousse les limites du plaisir, on invente des situations, des personnages, on y rajoute des accessoires et l'on s'approche de la représentation SM.
A l'inverse, toutes les expressions sont empreintes de ce que l'on peut nommer le SM. On en trouve des traces dans la littérature, la peinture, la sculpture, le cinéma? même dans la mode.
Cela a du succès car ça parle à notre inconscient, comme une attirance subliminale. Cela est un peu différent dans l'exposition du Centre Pompidou, bien que.
Tout commence par le passage sous le portrait de Nietzsche par Edouard Munch. Nietzsche affirmait que ' Dieu est mort ' et c'est le début d'une autre façon d'envisager l'Art et la création. Max Weber en 1919 participe à ce ' désenchantement du monde ' c'est la fin d'une société structurée par le religieux.
Cette société connaît trois grandes catastrophes qui sont au centre de l'exposition : La guerre de 14-18, la Shoah et Nagasaki. Dieu est mort, il faut faire avec cette nouvelle idée.


Crédit Photo : Man Ray, La Prière, 1930 Galerie À l?Enseigne des Oudin, Paris
© Man Ray Trust / Adagp, Paris 2008
Les artistes vont inventer un homme nouveau ou de nouvelles situations. On les retrouve dans les tableaux de Munch, de Chirico, d'Otto Dix qui savent montrer les sensations.
D'autres encore transgressent l'idée de Dieu comme ' la prière ' de Man Ray (avec la merveilleuse Lee Miller comme modèle), cette photo est tout à fait une position d'offrande sadomasochiste.
Le tableau de Dali montre des traces de l'extase, la transgression se fait alors par les attitudes.
Marx Ernst dans son tableau ' La Vierge corrigeant l'enfant Jésus ' représente une magistrale fessée.
L'art à affaire aux tabous comme au sacré. La transe est exprimée dans le travail de Jerzy Grotowski, ' Le Prince Constant '.
Une fièvre habite le personnage en transe comme dans certaines situations SM.
La performance de Marina Abramovic qui apparaît sur deux écrans est la plus directement liée au sadomasochisme. Il y a de la cérémonie dans cette situation. Marina est nue, elle se scarifie le ventre avec une lame de rasoir d'un signe en forme d'étoile, le sang coule. Les spectateurs voyeurs sont gênés, horrifiés. Puis, elle s'allonge sur une croix de glace, elle y reste un moment, se relève pour se fouetter violemment le dos, puis se recouche.
Dieu est mort, le sacré devient cérémonial pour mieux exalter les sens et transgresser tous les tabous. Vive l'Art moderne et notre vision SM du Monde.

Exposition : Traces du Sacré Centre Pompidou tél : 01 44 78 12 33. Du 7 mai au 11 août 2008.

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