De bonnes lectures, de bons films ...
Une chronique proposée par MaitresseMonozuki
depuis le 12/06/2008
De belles pages,émouvantes et palpitantes, sur les relations sadomachistes qui m'ont fait vibrer et qui vous feront vibrer.

" Maîtresse " de Barbet Schroeder

Ce film est un monument, un grand classique de la chose SM

C'est un des premiers films intellectuels sur les relations sadomasochistes

Crédit Photo : Affiche du film
Ce film est un monument, un grand classique de la chose SM. Il permet de comprendre les subtilités de cet art, d'approcher la sensibilité des protagonistes et de partager leurs motivations.
Le film est sorti en 1975. C'est à la fois un des premiers films intellectuels sur les relations sadomasochistes et paradoxalement un des derniers. La censure sévissant ensuite et reléguant ce genre de film à un circuit spécialisé et lourdement taxé, ce qui revenait à condamner cette forme d'expression. Bizarrement, " Maîtresse ", le film a échappé à toutes les censures de l'époque, aucune scènes n'a été coupée. Cela est dû à la réflexion particulière de l'auteur et son discours métaphorique. Jamais, il ne s'appesantit, une fois que la démonstration est faite, que l'on a compris la situation, il passe à une autre scène.
La vie est un éternel recommencement. A l'époque, seul un cinéma élitiste traitait de ces sujets, même chose pour la littérature. Il s'agissait d'un cercle d'initiés qui s'adressait à lui même. Il y avait par exemple " Salo et les 120 journées de Sodome " de Pasolini d'après Sade ou " Portier de Nuit " de Liliana Cavani, ou encore les textes de Bataille et d'autres. Aujourd'hui, il y a un nouvel engouement pour l'expression SM. Il n'y a plus de censure, ou elle a évolué. Des films SM extrêmement hard existent et sont tournés de part le monde avec très peu de tabous et de limites. Je ne parle pas d'Internet. Le SM influence la mode et la plupart des expressions artistiques. Les couples eux-mêmes pimentent leurs relations de pratiques SM. Le SM aujourd'hui ne choque plus, mais séduit.
L'action du film " Maîtresse " de Barbet Schroeder est essentiellement intimiste. Olivier, joué par Depardieu arrive de province et fait des petits boulots. Avec un copain, il repère un appartement qui semble vide pour le cambrioler. Ils s'y rendent la nuit et tombent sur le donjon d'une Maîtresse particulièrement bien équipé. C'est la découverte d'objets insolites, d'accessoires, de matières, de praticables. Ils sont surpris par Ariane, la dominatrice, jouée par Bulle Ogier. Elle propose un marché à Depardieu, elle les laisse libre de repartir en échange d'un petit service. Olivier accepte et c'est le début d'une étrange histoire d'amour?
Ce film flirte avec la réalité des relations SM, comme le ferait un documentaire. L'approche est parfois clinique. La gêne est palpable dans les rires de Depardieu quand il est menotté à un soumis. Ou encore dans les fantasmes réalisés d'hommes de pouvoir qui se travestissent pour vivre leurs relations sadomasochistes avant de repartir à leur vie normale, comme si de rien n'était. Le SM sert alors de valve, de respiration particulière et cela est très bien démontré dans le film. A noter que les costumes sont de Karl Lagerfeld et la musique de Carlos d'Alessio.

DVD Carlotta films 112 mn. Maîtresse de Barbet Schroeder, 1975 avec Gérard Depardieu, Bulle Ogier, André Rouyer, Roland Bertin?

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