LOX
Une chronique proposée par Lox
depuis le 03/07/2008
Qui est LOX ?
Un auteur célèbre sous un autre nom? Les plus perspicaces reconnaîtront son style?

Sous la loi des filles

Roman "BDSM" à épisodes

Katia et Sabine
" Tu es un petit con, me dit Sabine, à genoux ! "
Je me prosternai immédiatement à ses pieds. Mes genoux avaient à peine touché la moquette qu'elle me gifla à toute volée.
" Lèche-moi les pieds maintenant. "
Je m'inclinai et tendis la langue vers ses chaussures. Je tressaillis lorsque je les touchai du bout de la langue, mais je n'interrompis pas mon geste et léchai les souliers de Sabine. C'était des chaussures découvertes et je pouvais voir son pied nu tandis que je léchais la chaussure. Je voyais aussi l'ourlet de son jean bleu ciel.
" Ne t'arrête pas ".
A ce moment, j'entendis la porte s'ouvrir et reconnus la voix de Katia.
"Salut Sabine !"
A peine entrée, Katia m'envoya un coup de pied dans le cul. Les deux filles étaient loin d'en avoir fini avec moi. Elles allaient m'en faire baver.
Je me suis déshabillé entièrement devant elles comme elles me l'ont ordonné. Assises sur le canapé de cuir, elles discutaient en me surveillant d'un air faussement distrait, avec force remarques désagréables et insultantes sur mon compte.
D'un signe négligent de l'index, Katia m'a fait comprendre que je devais incliner mon front sur le sol, tout près de ses pieds. J'ai obéi immédiatement. Elle a posé sa semelle plate sur mon crâne. Elles ont continué à parler de choses et d'autres. J'attendais sans broncher, immobile, à plat ventre, nu, la tête sous le pied de Katia.
Puis Sabine s'est levée. Elle a tourné autour de moi en me donnant quelques coups de pied ici et là, dans les flancs, dans les côtes, les hanches, les cuisses.
" Ecarte les jambes, pauvre merde ".
A peine avais-je obtempéré qu'elle me frappait dans les couilles, m'arrachant un cri étouffé qui les fit rire toutes les deux.

Katia avait toujours son pied sur ma tête. Quand elle s'est levée à son tour, elle s'est directement hissée sur moi en se servant de ma tête comme d'une marche et elle a commencé à me piétiner tranquillement, consciencieusement, en pesant bien sur ses talons pour les faire entrer dans ma chair. Elle appuyait vicieusement sur les reins, la colonne vertébrale, les omoplates, la nuque. C'était difficile à supporter. Tout à coup, elle a sauté à pieds joints sur ma tête. Cela a fait le même bruit que si quelque chose de dur était tombé sur le sol. Cela les amusait bien, elle et Sabine. Jusqu'ici, celle-ci n'avait rien dit pendant que Katia m'écrasait par terre. Obnubilé par la souffrance, je l'avais oubliée. Sans doute était-elle retournée s'asseoir sur le canapé, croisant les jambes, s'enfonçant tranquillement dans le dossier bien rembourré et contemplant avec délice les tortures que me faisait subir Katia. Mais, comme son amie se maintenait en équilibre sur ma tête, les deux pieds sur mon crâne, elle s'exclama soudain :
_ " Joli ! "
_ " Attends chérie, tu n'as encore rien vu ". Puis, en changeant de ton pour s'adresser à moi : quant à toi crapaud, étends tes bras devant toi, paumes bien à plat sur le sol et doigts écartés.
Elle n'eut pas à le répéter.
_" Un peu moins tendus, les mains plus vers ta tête, voilà, c'est bien ".
Terrorisé, dompté, je m'empressai de la satisfaire sans même me demander pourquoi elle exigeait que j'adopte cette position. Elle ne me laissa pas le temps de m'interroger. Bondissant, elle cloua mes mains sous ses pieds. Puis elle fit volte face en sautant à nouveau et ses semelles claquèrent une seconde fois sur mes mains. J'avais l'impression d'avoir les doigts broyés. Elle sauta encore et retomba à pieds joints sur ma tête, puis elle sauta à cloche-pied sur mon dos et finit en atterrissant les deux pieds sur mes fesses. De là, elle se retourna à nouveau d'un bond, martelant mes fesses sous ses bottes : elle jouait à la marelle ! Elle jouait à la marelle? elle m'aplatissait nu sur le sol devant Sabine en jouant à la marelle?
Je frémis de honte, mais je n'esquissai pas un geste pour me défendre. Je savais que je n'avais pas intérêt à me révolter.
Elles étaient de toute façon les plus fortes.

Deuxième épisode : elle m'a retourné sur le dos ...
Me laissant face contre le sol, elles m'ont fait plier les bras en arrière, enchaînant mon poignet droit à l'épaule droite et le gauche à l'épaule gauche, puis elle m'ont plié les jambes de la même façon, liant cette fois mes chevilles en haut de mes cuisses. La position était intenable, mais les fines et mordantes chaînes d'acier qu'elles avaient utilisées m'y soumettaient irrémédiablement. Elles m'ont fait écarter les jambes à coups de pieds. Elles m'ont bâillonné pour m'empêcher de crier trop fort, puis elles m'ont battu avec leurs ceinturons, en frappant avec la boucle? D'abord Katia, pendant que Sabine maintenait ma tête sur le sol sous son pied. Puis Sabine, tandis que Katia assise sur la banquette reposait ses pieds sur mon crâne.

Ensuite, elles ont réenfilé leurs ceintures et elles se sont affalées sur le canapé pour se reposer un peu (j'avais l'impression d'être à moitié mort, courbaturé de partout et la peau en flammes, sans doute en lambeaux, gonflée, bleuie, arrachée, les articulations me faisaient souffrir aussi, trop longtemps pliées dans des poses inhabituelles, les membres ankylosés?). Je crois qu'elles se sont caressées un peu, je les ai distinctement entendues s'embrasser et se susurrer des mots tendres.

_ S'il n'y avait pas la moquette, a dit Katia, je lui pisserais dessus?
_ Tu as envie de pisser ?
_ Non.
Elles se sont esclaffées !
_ Moi, si j'avais envie, je lui chierais sur la gueule !
_ La prochaine fois que je vais aux toilettes, je ne tire pas la chasse d'eau, comme ça il ira chercher les étrons, il les déposera dans sa gamelle et il viendra les bouffer devant nous !
_ Oh oui !
_ T'as entendu, ver de terre ! ?
J'émis un gémissement pitoyable en signe de bonne volonté. Ca les fit encore marrer !
_ C'est vrai qu'il est bâillonné ce con !
_ Se laisser traiter ainsi, t'es vraiment qu'un paquet de merde !
_ Peut-être qu'il aime ça?
_ Sûrement. Tous les mecs aiment ça, même quand ils le savent pas.
_ Et les filles aiment leur faire ça, même quand elles le savent pas !
Et ça repartait pour les éclats de rire?
_ Bon, tout ça m'a creusé ma chérie, pas toi ?
_ Si on allait au restaurant ? Tu as regardé combien il y a dans son portefeuille ?
_ Bien sûr. Y a ce qu'y faut?
_ On téléphone à Lucie ? Elle sera contente de le garder. Je crois même qu'elle va le dérouiller encore !
Et elles ont ri? Et elles ont appelé Lucie avec leur mobile?
Je savais ce qui m'attendait.
Et je ne me trompais pas.
Lucie est une petite adolescente d'un mètre soixante, très gracieuse et espiègle.
Elle a un corps de ballerine, souple comme une petite chatte, un beau visage angulaire avec de grands yeux bleus.
Elle a une belle chevelure fine de couleur châtain qu'elle coupe à mi longueur et qu'elle coiffe souvent avec une queue de cheval et une frange.
Elle aime s'habiller en jean, pantalon et veste, avec un tee-shirt, une ceinture et des chaussures plates, des tennis de toile ou des chaussures plus féminines, fermées ou découvertes.
Elle possède aussi des sandalettes et je connais bien ses menus orteils qu'elle m'a souvent obligé à embrasser et à lécher pendant des soirées entières devant ses copines ou seule devant la télé.
Les filles étaient parties en me laissant ligoté à plat ventre, elle m'a retourné sur le dos.

Troisième épisode : Lucie
" Salut, ducon ! m'a-t-elle dit tandis que je clignais des yeux. Mes copines t'ont bien arrangé. Elles ne t'ont pas loupé? Elles ont dû bien s'amuser toutes les deux ! ".
Elle s'est assise sur le canapé et elle a posé ses pieds sur moi. Puis elle a enlevé ses chaussures l'une après l'autre, en prenant soin de les laisser sur mon torse. Elle a placé ses pieds nus sur mon visage.
" J'adore sentir ton souffle chaud sous la plante de mes pieds ! " s'est-elle exclamée en soupirant d'aise? Ce que je sentais, moi, c'était l'odeur? C'était l'été et elle avait dû marcher toute la journée? Il y avait aussi le contact un peu humide de la peau. Le bâillon était constitué d'une boule de caoutchouc dur enfoncée dans ma bouche et maintenue par deux sangles que Katia avait bien serrées. J'avais ainsi les lèvres sous les orteils de Lucie tandis que ses talons pesaient sur mon front. Le seul mouvement qu'il m'était possible de faire était de lever ou d'abaisser les paupières, mais ça ne servait à rien car de toute façon ses pieds collés sur mon visage m'aveuglaient. Je suppose qu'elle sentait le léger chatouillement de mes cils? Sa sueur commença à me piquer les yeux. Elle humectait mon visage et glissait dans mes narines.
" Hummmm? j'adoooooore écraser les mecs ! "
Elle avait une voix claire, légère et douce, très féminine et elle monologuait sur un ton moqueur, sachant très bien qu'il m'était impossible de ne pas l'écouter. Elle m'obligeait à l'entendre, à subir sa volonté et ses sarcasmes.
" T'es un connard toi. Tous les mecs sont des connards? Tu me rappelles tous les petits cons à qui j'ai cassé la gueule. Chaque fois qu'ils éprouvent du désir pour une fille, ils se souviennent désormais de ce que je leur ai fait subir et ils chient dans leur froc ! Ouais, je me souviens d'un type au collège, j'avais treize ans. Il a voulu mettre la main sur mes fesses dans la cour récréation, mais je lui ai aussitôt saisi le poignet et je le lui ai tordu. Je l'ai mis ainsi à genoux en deux secondes, totalement recroquevillé à mes pieds, gémissant de douleur et tremblant de peur : il ne pouvait plus faire un geste et moi, debout devant lui, je n'avais qu'à bouger un peu la main pour lui casser le bras ! Rien de plus simple. Rien de plus facile. Il savait pas sur qui il était tombé, ce con ! Il s'est cru tout permis parce que je suis une fille et parce que je suis petite et menue, mais je lui ai fait mordre la poussière. Je l'ai obligé à me demander pardon et à me supplier. Je l'ai obligé à me lécher les pieds. Jusqu'à ce que la cloche sonne. Et je ne l'ai pas laissé repartir sans lui avoir filé un bon coup de pied dans le cul, pendant qu'il était encore à quatre pattes devant moi. Après, il s'efforçait de m'éviter. Il flippait chaque fois qu'il me voyait. Ca me faisait marrer. Je me gênais pas pour lui cracher dessus ou le gifler au passage. Il essayait même pas de se défendre : je pouvais faire de lui ce que je voulais. Comme pour toi. Exactement comme pour toi. "

Troisème épisode (suite
Ces mots résonnaient encore dans ma tête lorsque je suis rentré. Les filles m'avaient mis à la porte à deux heures du matin et Lucie ne s'était pas privée pour me filer son traditionnel coup de pied dans le cul au moment où je franchissais le seuil de l'appartement : j'étais si épuisé que cela avait suffit à me faire tomber mais la porte avait claqué dans mon dos avant que je touche terre. J'avais du mal à tenir debout et j'avais du mal à marcher. Je claudiquais dans la nuit. Il n'y avait plus de transport en commun à cette heure et les filles avaient pris tout mon argent. J'étais trop loin pour rentrer chez moi à pieds. Je n'avais plus qu'à attendre l'ouverture du métro. Je m'assis avec précaution sur un banc public. Il faisait froid. Je remontai le col de mon blouson, rentrai la tête dans les épaules et enfonçai les mains dans mes poches. J'étais hanté par tout ce que je venais de subir. Trop fatigué pour bander encore, je goûtais néanmoins avec plaisir mes courbatures et les sensations de brûlure qui persistaient là où leurs ceintures de femmes avaient frappé mon corps d'homme : ces douleurs prouvaient que tout ça n'avait pas été un rêve. Trois belles filles m'avaient vraiment maltraité pendant plusieurs heures. Cette idée me réjouissait et je ne résistais pas au résumé de cette longue séance de torture et d'humiliations qui ne cessait de se dérouler dans ma tête. J'aurais aimé recevoir un nouveau coup de pied, là, maintenant, au niveau de l'épaule ou même au niveau de la tête, un coup porté par une jolie femme bien sûr, chaussée d'une belle botte sexy. J'en imaginais l'impact avec délice. Le claquement de la semelle plate sur ma gueule. Je me voyais tomber. J'entendais la fille marcher au-dessus de moi, baisser son jean et me pisser dessus. Je sursautai soudain, arraché à ma rêverie par un coup de klaxon. Un 4X4 venait de s'arrêter devant la porte de l'immeuble. J'entendis une fenêtre s'ouvrir et Lucie crier :
" J'arrive maman ! "

PEDALE
Je me suis levé et je me suis approché de la voiture. Je voulais contempler madame Prain. Je l'avais déjà vue et je savais qu'elle était très belle elle aussi. Elle a tourné la tête vers moi et m'a dévisagé de haut en bas. Puis elle a lâché un ricanement à la fois amusé et méprisant avant de se détourner. Je suis resté debout. Je ne la voyais pas bien à cause de l'appui-tête, mais j'admirai ce que je pouvais voir : son épaule et ses longs cheveux. Elle avait une boucle d'oreille, une créole qui étincelait sous la lumière du réverbère. J'étais tellement fasciné que je n'ai pas entendu Lucie arriver. Elle m'a d'abord donné une grande claque derrière la tête, puis elle a enchaîné les coups. Je suis tombé presque tout de suite et j'ai essayé de me protéger tant bien que mal tandis qu'elle m'assénait des coups de pieds.
" Non, non, arrête, s'il te plaît ! "
Mais elle continuait. Elle avait vraiment l'air en colère. Finalement, sa mère s'est impatientée et l'a appelée sans sortir de la voiture. Lucie m'a encore frappé un peu. Avant de s'en aller enfin, elle m'a traité une dernière fois de connard. Je n'ai rien répondu, bien sûr, mais quand je repense à cette scène, j'aime transformer un peu mon souvenir et croire que je lui ai dit que oui, elle avait raison, j'étais un sale connard, une petite merde et qu'elle avait bien raison de me cogner comme ça. Et je le pense. Et je lui suis reconnaissant de l'avoir fait. Merci Lucie. Merci de m'avoir battu, écrasé et humilié. Merci Lucie. Merci Lucie. Merci Lucie.
La portière du 4X4 a claqué. Je les ai encore entendues s'esclaffer avant que le moteur rugisse brièvement dans la nuit. Madame Prain avait dû appuyer sur l'accélérateur et je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer la semelle de sa chaussure sur la pédale (j'aurais aimé être cette pédale à cet instant). Resté seul, j'ai essayé de me lever, mais c'était impossible : je ne parvenais pas à remonter la jambe droite. Ca me faisait trop mal au niveau de la hanche. Mais je ne sentais rien quand je ne bougeais pas et ça me rassurait un peu. J'essayais de me convaincre que cela prouvait que je n'avais rien de cassé. En même temps, quelque part au fond de moi, j'aurais bien aimé que Lucie m'ait estropié, que je sois obligé de boiter jusqu'à la fin de mes jours à cause d'elle.

La douleur a mis presque deux semaines avant de disparaître. Je boitais encore au bureau et j'ai raconté que j'avais fait une mauvaise chute dans les escaliers. Ma collègue Caroline s'est un peu moquée de moi, elle m'a dit que j'avais sans doute encore bu un coup de trop ce jour là. Je lui ai répondu en souriant qu'elle avait raison, que j'étais irrécupérable. J'aurais aimé qu'elle me lance d'autres plaisanteries, plus méchantes. Je me serais laissé écraser avec délice.
Je travaille sur un plateau où se trouvent plusieurs bureaux. De ma place, j'ai une vue idéale sur les pieds de Caroline. Tout le monde pense que je suis concentré sur l'écran de mon ordinateur alors qu'en réalité je contemple ses pieds. Elle ne s'imagine pas que je connais toutes ses chaussures, ses bottes de cuir pour l'hiver et ses sandalettes d'été. Pourtant, j'essaie toujours de le lui faire comprendre : dès qu'elle change de paire, je lui lance une remarque faussement anodine. Par exemple : " Tu as mis tes bottes aujourd'hui ? ". Ou bien : " Tu as tes jolis orteils au balcon ce matin? ". J'aime la forme élancée de ses pieds, ses longs orteils espacés. Quelques fois, quand il fait très chaud, elle enlève discrètement ses chaussures. Elle pense que personne ne s'en aperçoit. J'en ai profité une fois pour les caresser furtivement. J'ai fait semblant de faire tomber un dossier et, me baissant pour le ramasser, j'ai passé la main dessus. Si j'avais osé, je l'aurais prise. J'aurais pu la cacher rapidement dans la pochette en carton que j'avais fait tombée. J'aurais pu aller dans les toilettes pour en lécher la semelle odorante et pour me masturber avec. Je l'aurais rapportée à la maison le soir. Mais je me demande comment Caroline aurait réagi. Mais voilà qu'à l'instant même où j'écris ces lignes, elle fait glisser son pied droit hors de sa chaussure. Et maintenant, l'autre pied. Je ne peux pas résister. Je me lève en tremblant un peu, avec ma pochette. Je passe devant elle. Je laisse tomber mon dossier. Elle dit quelque chose en riant mais je suis tellement tendu que je ne comprends pas. Voilà, c'est fait, j'ai pris sa chaussure, je l'ai cachée dans ma liasse de contrats et maintenant je file aux toilettes. En rentrant dans les cabinets, je vois immédiatement dans la glace la lanière de cuir qui pend entre deux feuilles. La petite boucle de métal doré brille sous l'éclairage. Je m'enferme sans plus attendre. Je ne sais pas comment je vais m'en sortir? Je pourrais laisser la chaussure ici. Ou la rapporter en recommençant mon manège grotesque? Mais pour l'instant, je ne veux pas penser à tout ça. Je veux profiter de ce soulier féminin. J'en respire le parfum. Comme beaucoup de filles, elle transpire des pieds et la semelle regorge d'effluves délicieux.

CAROLINE
Je suis resté longtemps dans les toilettes, avec la sandale de Caroline. J'ai voulu la glisser dans mon pantalon avant de sortir, pour qu'elle m'écrase un peu la queue, mais ça aurait été trop visible. Je l'ai donc cachée à nouveau dans ma pochette puis, lorsque je suis revenu à ma place, je l'ai mise dans mon tiroir. Je redoute le moment où Caroline va s'apercevoir qu'il lui manque une chaussure. Elle ne pourra pas savoir que je la lui ai prise, mais je n'ai aucun self-control et je suis sûr que je vais me trahir d'une manière ou d'une autre. Je voudrais bien penser à autre chose, mais je n'arrive pas à me concentrer sur mon travail. Je garde les yeux fixés sur les pieds nus de Caroline et ça suffit à me tenir en érection. Je pourrais fermer mon tiroir à clé et partir un peu plus tôt que d'habitude, avant que Caroline se rende compte de quoi que ce soit, mais je ne sais pas pourquoi je reste là?


Caroline me regarde avec attention depuis tout à l'heure. J'ai d'abord voulu faire comme si je ne m'en apercevais pas, mais c'était ridicule. Mal à l'aise, je lui ai souri, mais elle est restée imperturbable. Elle me guette sans cesser de travailler. Elle y parvient très bien tout en restant naturelle, contrairement à moi. Les heures s'écoulent ainsi. Nos collègues commencent à partir, les uns après les autres, et nous nous retrouvons seuls dans la grande pièce.
_ Ma chaussure, dit-elle d'un ton ferme mais sans agressivité.
J'ai sursauté quand elle a parlé, mais je fais semblant de n'avoir rien entendu. Elle lâche un soupir un peu excédé avant de reprendre.
_ Tu te lèves. Tu viens te prosterner devant moi et tu me remets ma chaussure.
Je suis tellement perturbé que je n'ose pas croire ce que je viens d'entendre. Si j'étais sûr qu'elle a bien dit ça, je lui obéirais, mais je suis complètement tétanisé.
_ Ca vaudrait mieux pour toi, ajoute-t-elle avec la même assurance tranquille.
Je lève enfin la tête. Je dois avoir l'air pitoyable, car elle m'encourage :
_ Aller.
_ Pardon? dis-je sans reconnaître ma propre voix, la gorge sèche et le souffle coupé. J'ai du mal à ouvrir le tiroir car mes mains tremblent. Je fais même tomber les clés? Caroline, en revanche, est tout à fait sereine et elle ne me quitte pas des yeux. Je peux m'en apercevoir bien que je sois incapable de la regarder en face. Quand je m'approche d'elle, la peur noue mes intestins.
_ Tu es pitoyable, lâche-t-elle froidement pendant que je lui enfile sa chaussure, à quatre pattes sous son bureau. Quand c'est fait, elle m'envoie un petit coup de pied au visage, qui me fait culbuter en arrière.
_ Demain, dit-elle, tu me saisiras toutes mes factures et tu feras mon classement. Tu t'occuperas aussi de mes réclamations clients.
Normalement, je n'ai pas à travailler pour elle : nous sommes à égalité et nous occupons le même poste. Elle veut simplement profiter de la situation pour se décharger ! Si j'obtempère, je vais être écrasé de travail. Pourtant, je m'entends lui répondre :
_ Oui.
_ Oui qui ? reprend-t-elle d'un ton glacial.
_ Oui Caroline.
_ Oui Madame, quand tu t'adresses à moi, tu dis Madame, pauvre larve.
_ Oui Madame, pardon Madame.
_ C'est bien. Maintenant, tu gicles.
Je me relève, minable, la tête basse. Mes mains tremblent encore pendant que je range mes affaires. Puis je mets mon manteau, sous son regard ironique. Je suis tellement perturbé que je me trompe de manche et que je dois recommencer. En passant près d'elle, je dis humblement, mielleux et soumis :
" Bonsoir Madame ".
Elle ne me répond pas.

LES SUPER-HEROINES
Comment en suis-je arrivé là ? Comment ai-je pu tomber aussi bas ? J'ai été engagé dans ce bureau parce que je parle couramment anglais. Avant, j'étais prof : j'enseignais cette langue dans un collège privé dont j'ai été viré à cause d'une élève extraordinaire et délicieuse. C'était une fille violente et perturbée, mais très belle. On aurait dit un ange exterminateur. Elle avait redoublé plusieurs fois et avait été renvoyée de plusieurs établissements à la suite de bagarres avec des garçons qu'elle avait à chaque fois amochés. Je ne le savais pas quand elle est entrée dans ma classe. Je ne savais pas non plus que j'étais maso. Je pensais être un type normal. Il est vrai que j'avais des problèmes d'érection et que j'étais en conséquence très sombre et solitaire. J'avais pourtant déjà un goût très prononcé pour les femmes, dont les perfections m'ont toujours fasciné. Mais leur nudité me met mal à l'aise, c'est un spectacle que je ne supporte pas : j'aime les femmes habillées, dans des tenues de ville ou dans des ensembles aussi extravagants qu'érotiques (comme les super-héroïnes des bandes dessinées et des séries américaines ou anglaises, les Supergirl, Wonder-Woman, Catwoman, Batgirl, Lara Croft, Emma Peel), mais elles me font éprouver un violent malaise si elles ôtent tous leurs vêtements, une peur animale et incontrôlable, comme si je me trouvais confronté à un corps écorché vif. J'avais vingt-deux ans et j'étais encore plein d'allant pour mon métier. Les difficultés de cette petite m'apparurent comme un défi. Je voulais l'aider. Peut-être étais-je déjà sous son charme mystérieux, mais si tel était le cas, je ne m'en rendais pas encore compte. Je ne savais pas qu'elle avait deux problèmes : un avec les hommes, l'autre avec l'autorité. Confrontée aux uns ou à la seconde, elle était capable de redoutables explosions de violence. Un soir, je lui ai demandé de rester après le cours. Je voulais savoir ce qui n'allait pas. Je pensais que je pourrais établir le contact et l'aider à remonter la pente. Je lui parlai gentiment, tandis qu'elle gardait les yeux baissés sans répondre. Elle avait l'air d'un pauvre petit chat apeuré et j'ai voulu la rassurer (enfin, je crois que c'est ce que j'ai voulu faire) en posant ma main sur son épaule. A peine ai-je esquissé ce geste que je me suis retrouvé le visage plaqué sur mon bureau et le bras tordu dans mon dos. J'étais affolé par la surprise, la douleur et par une incompréhensible volupté (je me suis rendu compte plus tard, une fois rentré chez moi, que j'avais éjaculé). Totalement dépassé et muet, je sentais son souffle sur ma nuque, elle tirait mes cheveux en arrière. J'avais l'impression qu'elle allait me déboîter l'épaule ! Elle prenait plaisir à me maintenir ainsi, meurtri et à sa merci. Quand enfin elle m'a lâché, je suis tombé en arrière, à ses pieds, et elle s'est exclamée :
" Mais tu bandes ! Ma parole, tu as aimé ça ? "

Incapable de répondre, je contemplai avec stupeur ma braguette gonflée en une grosse bosse sous la poussée de ma verge.
" Je parie que tu vas jouir si tu me lèches les pieds ! "
Aussitôt, elle m'a empoigné par les cheveux et elle a plaqué mon visage sur ses pieds que je léchai immédiatement, terrorisé, à plat ventre devant cette gamine, cette redoublante qui aurait bientôt seize ans et qui allait être émancipée (mais ça, je ne le savais pas encore). Ma langue glissait sur ses bottes que je couvrais de ma salive. Je ne pouvais plus m'arrêter. C'était tellement bon ! Elle m'a retourné d'un coup de pied, elle s'est assise sur moi et elle a posé ses semelles sur mon visage :
_ Ce côté là aussi, petite punaise, petit paillasson, tu es mon paillasson hein, tu es mon paillasson ?
_ Oui Mademoiselle Ingrid, répondis-je entre deux lapements, oui, je suis votre paillasson !
Tout à coup, elle a eu un geste brusque du bras pour regarder sa montre poignet. Sur le moment, j'ai cru qu'elle voulait me frapper et j'ai rentré la tête dans les épaules. C'est seulement ensuite que j'ai pu me rendre compte de la grâce naturelle et délicieuse avec laquelle elle avait fait ce mouvement. J'ai contemplé la petite lanière blanche de son bracelet montre et la fine boucle de métal argenté qui l'attachait.
" Il est encore temps, abruti, on va aller faire les magasins toi et moi. "
Elle s'est levée et m'a obligé à me redresser en me tirant par les cheveux. J'étais affolé, soumis par toutes les forces contradictoires qui émanaient d'elle : celle du plaisir qu'elle me faisait ressentir comme celle de la peur qu'elle me frappe à nouveau si je lui désobéissais. Elle m'a pris mon portefeuille et m'a accompagné jusqu'à ma propre voiture. Elle a pris le volant.
_ Tu sais conduire ?
_ Ta gueule !

INGRID
Elle se débrouillait bien, mieux que moi qui n'ai jamais été très à l'aise. Elle roulait vite. Elle a toutefois failli avoir un accrochage sur le parking du centre commercial, où elle a effrontément pris la place qu'attendait pourtant un type assez costaud avec des lunettes de soleil dans un coupé sport. Il n'avait pas l'intention de se laisser faire et il est sorti pour s'expliquer avec elle. Mais elle lui a balancé un coup de pied dans les couilles avant même qu'il ouvre la bouche. Elle lui en a lancé un deuxième dans la gueule tandis qu'il se pliait en avant en hurlant de douleur. Cette fois, il est tombé en arrière. Elle l'a frappé une troisième fois à la tête. Il saignait du nez et il essayait de se tirer en rampant sur le bitume. Elle allait le cogner encore quand je l'ai retenue. Elle s'est retournée sur moi aussitôt et m'a envoyé son poing dans l'?il droit (ça allait être mon premier cocard, mais depuis bien des filles m'en ont mis d'autres !). Je reculais tandis qu'elle avançait vers moi, menaçante. Derrière elle, l'homme à qui elle s'en était pris est retourné piteusement dans son véhicule sans demander son reste et il a déguerpi en démarrant comme un fou.
_ Ne me frappe pas Ingrid, s'il te plaît Ingrid, je suis ton paillasson, n'oublie pas, je suis ton paillasson !
Elle a eu l'air d'hésiter et, finalement, elle a éclaté de rire. Enfin, elle a sifflé avec autorité en m'indiquant ses bottes de l'index. L'ordre était clair et je me suis immédiatement prosterné.
_ T'es pas un paillasson, a-t-elle dit, t'es un chien.
_ Oui Ingrid.
_ Un sale chien galeux?
_ Oui Ingrid.
_ Et dorénavant, tu seras aussi mon esclave !
_ Oui Ingrid.
Comme elle venait d'en prendre l'habitude, elle m'a relevé en me tirant par les cheveux, mais cette fois, elle n'a pas lâché et m'a obligé à la suivre en marchant courbé derrière elle, la tête à la hauteur de ses fesses. J'avais l'impression qu'elle m'arrachait le cuir chevelu et j'avais peur de tomber à chaque pas, je ne voyais pas où elle m'emmenait, mais je n'avais jamais bandé autant durant toute ma piètre existence. Elle m'a traîné comme ça dans les galeries du centre commercial. Je devinais les regards des badauds plus que je ne les voyais et c'était peut-être encore pire que si j'avais pu les affronter. Ingrid m'infligeait là une sacrée humiliation publique !
Nous sommes entrés ainsi dans un magasin d'accessoires canins. Ingrid a choisi une laisse de cuir rouge qu'elle m'a passé immédiatement au cou avant de m'entraîner à la caisse. Elle m'a obligé à payer, bien sûr. La vendeuse était un peu ahurie, mais Ingrid ne semblait pas s'en rendre compte. Elle lui a lancé, goguenarde :
" Ca lui va bien, n'est-ce-pas ? "
La jeune femme m'a dévisagé d'un air hésitant. Mon ?il commençait déjà à se fermer à cause de ma paupière qui enflait. J'ai réussi à esquisser un sourire qui l'a un peu rassurée. Du moins en ai-je eu l'impression car déjà Ingrid m'entraînait vers la sortie. Elle a dépensé tout mon fric pour s'offrir des chaussures, des ceintures, une boucle d'oreille, une jupe courte et un jean. Pendant qu'elle les essayait, s'admirant dans la glace, je la contemplais et réalisais à quel point elle était belle, avec ses longs et fins cheveux blonds, ses beaux yeux bleus, son corps mince et gracieux ! J'étais heureux. Je crois que je n'avais encore jamais été aussi heureux. J'étais complètement largué, mais ivre de bonheur. Je me suis entendu lui demander humblement :
_ Veux-tu manger au restaurant ce soir ?
_ Nan, ta sale tronche vicieuse me couperait l'appétit, ducon ! Mais on va aller chez toi maintenant.
_ Personne ne t'attend à la maison ?
_ Je fais ce que je veux !
_ Oui, bien sûr Ingrid, c'est toi qui commandes.
_ C'est moi qui commande et c'est moi qui donne les coups.
_ Oui Ingrid.

TOUS DES MERDES !
Elle a fait rugir le moteur en embrayant et elle a fait crisser les pneus. Elle a commencé à parler sur la route, quelques minutes plus tard. Elle tabassait régulièrement son beau-père, affirmait-elle, et il la laissait faire désormais tout ce qu'elle voulait. Quant à sa mère, elle était rarement à la maison. Elle trompait ouvertement son mari et passait son temps chez ses amants. Bien sûr, Ingrid lui donnait totalement raison. De son côté, elle s'assurait que " le vieux " comme elle l'appelait passait correctement l'aspirateur, récurait la baignoire et les toilettes sans oublier de faire les courses.
_ Les mecs, c'est tous des merdes !
_ Oui Ingrid.
Elle m'a aussi raconté comment elle avait dérouillé le plombier un mercredi après-midi, alors qu'elle était seule à la maison et qu'il était venu comme convenu pour réparer une fuite d'eau. J'étais à la fois alléché et épouvanté quand elle en est arrivée au moment où elle lui a mis la tête dans la cuvette souillée d'excréments pour l'obliger à nettoyer la faïence avec sa langue puis à avaler tous les morceaux de merde jusqu'au dernier. Mais ce n'était rien encore? car elle ne l'a pas laissé repartir sans lui avoir roussi les poils avec son propre fer à souder !
_ Il n'a pas porté plainte ? ai-je demandé d'une voix faible.
_ Il n'avait pas intérêt et il le savait bien !
J'ai attendu un moment, puis je lui ai demandé :
" Qu'est-ce que tu vas faire de moi, Ingrid ? "
Elle m'a souri pour la première fois : c'était une véritable illumination, un rayon de soleil !
" Je vais te révéler à ta propre nature ! "
J'ai compris que j'allais être heureux.

Peut-être que mon bonheur tout neuf se lisait au fond de mes yeux, peut-être? Ce qui est certain, c'est que ma nouvelle condition laissait des traces flagrantes sur mon visage qu'Ingrid frappait tous les jours. Elle n'y allait pas de main morte et m'assénait autant de gifles et de coups de poings qu'elle en avait envie, parfois même des coups de pieds ! Mes collègues me regardaient bizarrement. Certains me prirent à l'écart pour m'interroger. Quelle était la nature exacte de mes problèmes ? Pouvaient-il faire quelque chose pour moi ? Ils devaient réellement me prendre pour un fou lorsque je leur répondais avec un grand sourire que tout allait bien, que je n'avais jamais été aussi heureux.
Ma figure n'était pas seulement marquée par les coups, elle était aussi creusée par le manque de sommeil. Car Ingrid me faisait fréquemment passer la nuit enchaîné debout et nu dans la cave. J'étais si épuisé que je ne discernais plus très bien la frontière entre le songe et la réalité. La beauté féerique d'Ingrid ajoutait naturellement à ma confusion : son merveilleux visage et sa silhouette divine avaient tout d'une créature de rêve, quand son âme torturée était démoniaque, et quand je la regardais, je me croyais au pays des fées merveilleuses et des délicieuses sorcières.
En classe, elle avait sapé toute mon autorité. Elle m'appelait ouvertement " Ducon " et semait la pagaille dans mes cours. Les autres élèves la redoutaient autant que moi, même les garçons et elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait. L'issue fatale et prévisible ne tarda pas à se produire : nous fûmes tous les deux renvoyés.
" Ce n'est pas grave, me soutint Ingrid, tu trouveras un autre boulot, tu n'auras qu'à être éboueur ou t'occuper des chiottes d'une gare quelconque, ça t'ira très bien ! "
Puis elle m'emmena fêter l'événement, avec mon porte-monnaie bien sûr. Elle avait invité quelques copines qu'elle avait initiées à sa haine des hommes. Dans la première boîte de nuit où nous nous rendîmes, elles surent se tenir correctement durant une petite demi-heure. Ensuite, elles déversèrent leurs coupes de champagne sur ma tête et me crachèrent au visage. Très vite, elles m'ordonnèrent de me tenir à quatre pattes et se servirent de moi comme d'une table basse. Quand on vint nous demander de partir, Ingrid riait aux éclats. Elle était de bonne humeur et ne fit pas d'histoires pour s'en aller. Nous errâmes donc d'une boîte à l'autre, tandis que la nuit avançait. Dans les petites rues parisiennes, elles marchaient au milieu de la chaussée et parlaient fort.

Jeanne d'Arc
Comme nous passions près d'une poubelle, Ingrid me fit un croque-en-jambe, s'empara de mon bras qu'elle passa par-dessus son épaule et me fit basculer sur son dos pour me projeter dans le bac d'immondices puantes. Je n'avais pas encore réalisé ce qui venait de se passer qu'elle referma le couvercle et s'assit dessus. Enfermé à l'étroit dans l'obscurité et les mauvaises odeurs, la tête en bas, je les entendis rire comme des folles. Quand je commençais à les supplier de me laisser sortir, leurs rires redoublèrent. Dans le choc, je m'étais dégueulé dessus. Ingrid a finalement bloqué l'ouverture en l'attachant avec sa ceinture, puis elles m'ont trimbalé avec elles en faisant rouler la poubelle.
_ Si on le jetait dans la Seine ? a proposé l'une d'elle.
_ Pourquoi pas ? a répondu aussitôt Ingrid : personne ne saura que c'est nous ! Allez on y va !
Je savais qu'elle était suffisamment déséquilibrée pour le faire. Et comme elles avançaient maintenant en silence, mon angoisse augmentait au fil des minutes. Quand j'entendis l'une d'elle indiquer : " C'est par là ! " , je sombrai dans la panique et je poussai des hurlements de terreur. Elles me promirent alors de m'épargner si je fermais ma gueule et je me tus aussitôt. La promenade dura encore un quart d'heure, puis elles m'abandonnèrent à mon triste sort. A l'aube, les services de propreté de la ville découvrirent une poubelle au pied de la statue de Jeanne d'Arc, attachée par une corde à la selle de la belle écuyère en armure dorée, comme si elle la traînait derrière elle. Quand les employés municipaux ôtèrent la ceinture d'Ingrid pour vider les détritus dans leur camion, ils s'aperçurent qu'un homme était enfermé à l'intérieur, prostré et honteux. Il ne voulut rien révéler de sa mésaventure.


Voilà, vous savez à peu près tout maintenant. C'est en étant au service d'Ingrid que j'ai pu rencontrer d'autres filles belles et violentes. Et c'est ainsi que j'ai fini par échouer aux pieds de Sabine et de Katia. Quand je ne suis pas au service de ses dames ou au travail (depuis que ma collègue Caroline a découvert la vérité sur moi, mon boulot se déroule aussi sous l'emprise féminine), je me complais dans la lecture de romans spécialisés. Je possède ainsi les ?uvres complètes de Leopold von Sacher Masoch, quelques livres de Georges Bataille, de Pierre Bourgeade, de Joël Hespey, de Murakami, et un petit volume bouleversant dans lequel je crois reconnaître mon histoire : un récit intitulé Martin Roi, écrit par un certain François Prunier. Je lui ai envoyé une lettre un jour, mais il ne m'a jamais répondu? J'ai aussi toute une collection de vidéos et je passe des heures sur des sites spécialisés. Cela me joue parfois des tours. Pas plus tard que la semaine dernière, je me suis oublié au bureau sur Dress.fr alors que Caroline m'avait une fois de plus donné à faire son travail. Je tchatais avec Tamara, qui m'insultait copieusement à chacun de ses messages (j'adorais son sens de la répartie, son intelligence qui faisait toujours ressortir ma bêtise et ma lenteur d'esprit, son imagination vicieuse et le plaisir qu'elle ressentait à se moquer de moi et des hommes en général, elle savait si bien nous tourner en ridicule...). Les dossiers que Caroline m'avait ordonné de traiter restaient empilés à côté du micro. J'étais tellement absorbé que je ne l'ai pas entendue s'approcher derrière moi et je ne me suis pas rendu compte de sa présence jusqu'à ce qu'elle abatte ses deux mains sur mes joues, m'infligeant d'un seul coup deux claques cuisantes. Je n'avais pas vu passer l'heure : il n'y avait plus que nous sur le plateau. La peur a fondu sur moi quand je m'en suis rendu compte car maintenant que j'étais seul avec elle, j'étais à sa merci?

_ Tu veux que je t'aide ! Et ça, cria-t-elle en désignant les épaisses liasses de paperasse qu'elle m'avait confiées, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ! ?
_ Pour aujourd'hui Madame !
_ Alors active-toi ! Immédiatement !
Elle m'a tiré par les cheveux pour me faire tomber, puis elle a fait basculer la pile de dossiers d'un revers de main. Pendant que je m'exécutais en tremblant, elle prit ma place et regarda l'écran plus en détail.
_ C'est Dress.fr, me risquais-je à lui expliquer?
_ C'est vrai que tu es une cloche, m'interrompit-elle en éclatant de rire, mais je ne t'ai pas sonné alors tu la fermes et tu travailles !
_ Oui Madame

Une fille étonnante
J'obéis et ne proférais plus un mot. Tandis que je triais les pièces mélangées sur le sol, je l'entendais pianoter à toute vitesse sur le clavier. J'étais sûr qu'elle avait intercepté un message que Tamara m'avait envoyé et qu'elle s'entretenait maintenant avec elle. Que pouvaient-elles bien se dire ? Caroline se faisait-elle passer pour moi ou avait-elle d'emblée annoncée la couleur à ma cyber friend préférée ? Dialoguaient-elles sur mon compte ? Je préférais ne pas y penser et j'essayais de me concentrer sur ma tâche. Quand j'eus terminé, je vins m'agenouiller près de Caroline. Elle portait un tee-shirt Lacoste rose (dont elle avait laissé les trois boutons du col ouvert, découvrant la naissance de sa poitrine), une jupe en jean bleu ciel et des escarpins blancs à hauts talons. Je contemplais ses cuisses fines et fermes, hypnotisé?
_ Qu'est-ce que tu veux ?
_ J'ai fini Madame.
_ Déjà ? J'espère que tu n'as pas fait de conneries, tu sais que je vais vérifier?
_ Oui Madame.
_ Oh merde, il est déjà si tard ? Ce site est si sympa que je n'ai pas fait attention au temps. Tu m'avais caché ça. Et tu vas le payer. Tu auras la punition que tu mérites.
_ Oh non Madame, s'il vous plaît?
_ Si ! Je suis même en train d'en discuter avec Tamara. Elle a beaucoup d'idées ! C'est vraiment une fille étonnante?
_ Une fille merveilleuse Madame, comme vous.
_ Bon et bien tant pis pour l'heure, je reste encore un peu, on s'amuse trop bien sur Dress.fr.
Sur ses mots, elle fit pivoter la chaise, posa ses pieds sur mes épaules et me fit basculer en me tordant le cou. Je m'affalais par terre en poussant un cri de douleur.
_ Dommage qu'il n'y ait pas de web cam, s'exclama-t-elle, je suis sûre que Tamara aurait adoré voir ça? Mais ce n'est que partie remise, on le refera pour elle, pas vrai larbin ?
_ Vous ferez tout ce que vous voudrez Madame.
_ Bien sûr que je ferai tout ce que je voudrai. Ce n'est pas toi qui va m'en empêcher?
_ Votre volonté s'imposera toujours à la mienne Madame.
_ Oui, toujours.
J'étais maintenant par terre à plat ventre sous le bureau et Caroline avait posé ses deux pieds sur mon dos. J'attendais en silence qu'elle veuille bien me libérer, mais elle était complètement plongée dans l'univers de Dress et je dus rester longtemps sous ses semelles. Elle ne s'est même pas aperçu que quelqu'un nous épiait. Mais de là où j'étais, je pouvais voir là-bas les chaussures d'Adrien. Depuis combien de temps était-il posté aux aguets ? J'étais mort de honte. Mort de honte et mort de peur : qu'allait-il se passer maintenant qu'un autre employé avait découvert notre secret ?


J'ai utilisé le mot de " secret ", mais en réalité Caroline n'avait jamais vraiment dissimuler le mépris avec lequel elle me traitait depuis qu'elle connaissait ma vraie personnalité. Elle me donnait ouvertement des instructions alors qu'elle n'était pas en droit de le faire et je lui obéissais bien que rien d'officiel ne m'y obligeait. Elle balançait ses dossiers sur mon bureau avec mépris, elle parlait parfois de moi au téléphone de façon à peine voilée. Et en termes très désobligeants. Nous échangions alors des regards qui me faisaient trembler de honte et de plaisir. Ses beaux yeux durs me perforaient. Mais personne ne s'imaginait jusqu'à quel point elle exerçait sur moi sa domination.
Désormais, Adrien savait.

Certaines de mes amies?
Nous étions radicalement différents lui et moi. Il était très machiste. C'était un beau gosse, jeune et bien bâti. Il aimait porter des débardeurs aux couleurs flashies qui mettaient ses bras musclés en valeur. J'étais l'antithèse de ce type : il était sûr de lui, extraverti, sportif, dragueur? Ils plaisaient aux femmes. Il n'y avait pas beaucoup d'hommes dans le bureau et son succès auprès du personnel féminin était d'autant plus marqué. Rares étaient celles qui ne s'intéressaient pas à lui, et Caroline se trouvait parmi ce petit nombre. Comme elle était elle-même très jolie, cela l'exaspérait et il s'efforçait de la séduire. Jusqu'alors, toutes ses tentatives étaient restées vaines. Elle ne répondait pas à ses compliments ni à ses invitations. Fort de ce qu'il avait découvert, il s'est imaginé pouvoir la faire plier et, comme il était encore plus stupide que moi, il agit avec une immense maladresse.
_ Je sais des choses sur toi, lui a-t-il dit devant moi.
_ Ah ouais ? a-t-elle répondu.
Il est resté là, les bras ballants, attendant qu'il se passe quelque chose. Elle ne le regardait même pas, continuant à travailler comme si de rien n'était. Il revint plusieurs fois à la charge dans les jours qui suivirent et elle le traita avec le même mépris. Mais un soir, alors que nous étions seuls tous les deux, elle s'en prit à moi avec plus de violence que d'habitude et je compris que l'attitude d'Adrien commençait à lui porter sur les nerfs. Elle m'avait fait baisser mon pantalon et me tenir à quatre pattes, la tête plongée dans la poubelle. Puis elle avait posé un pied sur mon dos et, le poing sur la hanche, elle fouetta longtemps mes fesses nues avec sa ceinture. Sa rage passée, elle me permit de me reculotter. Je le fis avec lenteur, épuisé par les coups qu'elle m'avait portés. Puis je risquai un baiser sur ses pieds. Souvent, après m'avoir battu, elle me laissait les lui lécher. Mais cette fois, elle me repoussa. J'hésitai un instant, puis je me lançai :
_ Adrien mérite une bonne leçon, Madame.
_ C'est toi qui va te charger de la lui donner, peut-être ?
_ Malheureusement, je n'en suis pas capable.
_ Sans blague ?
_ Mais j'ai une idée?
_ Tout arrive !
_ Je dois d'abord vous avouer quelque chose?
_ Quoi ? Tu es ceinture noire de karaté ?
_ Non, bien sûr Madame, mais certaines de mes amies?
_ Tu veux dire que d'autres que moi te battent ?
_ Oui Madame.
_ A vrai dire, je m'en doutais un peu : tu as parfois des marques que je ne me souvenais pas d'avoir fait moi-même? Alors raconte !

Je lui parlai de Sabine, de Katia et de Lucie. Elle écouta avec attention. Ses yeux brillaient de convoitise quand je lui décrivis tout ce que les filles aimaient me faire subir et elle me demanda plein de détails. Je pris moi aussi beaucoup de plaisir à cette confession, que je lui fis à genoux. La nuit était tombée quand j'en vins au fait.
_ Je vais vous les présenter si vous le voulez, Madame. Et puis, vous n'aurez qu'à tendre un piège toutes ensembles à Adrien. Faites sembler de céder à ses avances, invitez-le chez vous. A vous toutes, vous aurez facilement raison de lui. Croyez-moi, la petite Lucie à elle seule n'en ferait qu'une bouchée car elle est experte en arts martiaux. Ensuite, quand vous l'aurez ligoté nu et bâillonné, vous n'aurez qu'à le filmer. Vous aurez ainsi quelque chose pour le faire chanter et l'obliger à fermer sa sale gueule de petit mâle arrogant. Vous pourrez même le contraindre à démissionner si vous voulez.
Comme elle réfléchissait, je me laissais aller à rêver et je l'imaginais très bien, nu et en larmes aux pieds de ces quatre femmes qui lui en feraient voir de toutes les couleurs. Et je dis à voix haute sans même m'en rendre compte :
_ Peut-être que vous n'aurez même pas besoin de le bâillonner. Oui, je suis sûr que vous aurez le pouvoir de lui faire dire tout ce que vous voudrez quand vous lui aurez fait assez mal pour le briser complètement.
_ Bon, c'est vendu, trouduc ! Tu vas m'organiser un dîner avec tes copines, et fissa ! Afin que je fasse leur connaissance?
_ Oui Madame.
_ Tu inviteras aussi Tamara.
_ Elle n'habite pas sur la région.
_ Démerde-toi. Tu lui payes un billet d'avion ou tu fais l'allée-retour en bagnole. Quand je donne un ordre, tu obéis, compris ?
_ Oui Madame.

L'honneur
C'est ainsi que j'eus l'honneur de recevoir chez moi ces femmes divines. Je suis un piètre cuisinier, aussi ai-je fait appel à un excellent traiteur. J'ai également acheté les meilleures bouteilles de champagne. Bien sûr, j'ai fait moi-même le service pendant que ces dames s'amusaient et savouraient les mets délicieux que je leur apportais humblement. Au début du service, je n'étais qu'à moitié dévêtu. Je portais une chemise blanche bien repassée dont le col amidonné et serré m'étranglait, une cravate noire et une livrée de valet à fines rayures verticales noires et dorées. Je n'avais pas mis d'autres habits : les filles pouvaient voir mon sexe cadenassé et mes fesses exhibées. Elles pouvaient en user à leur bon vouloir.
Le courant passait bien entre elles. Elles déblatéraient sur les hommes et se vantaient des tourments qu'elles leurs avaient fait subir. Entre chaque plat, j'attendais debout près de la table, prêt à remplir les verres lorsqu'ils étaient vides, prêt à obéir à tous les ordres, offerts à tous leurs désirs? Mais elles ne s'occupaient pas de moi, si ce n'est pour m'indiquer d'un geste méprisant la corbeille de pain ou la salière que je m'empressais aussitôt d'apporter à celle qui me la demandait. J'en profitais pour les contempler furtivement. J'aurais voulu les admirer en toute liberté, mais je redoutais leur réaction si jamais elles me surprenaient à les fixer. J'avais donc l'?il fureteur et oblique du lâche et du pervers. J'aurais voulu les dévorer des yeux, mais mes pupilles étaient condamnées à ne recueillir que des miettes d'images comme autant d'éclats de diamants. Mon regard rampait ainsi sous la brune Caroline, la blonde Sabine, la rousse Katia, sous l'adolescente Lucie aux cheveux châtains et sous Tamara qui était une jolie punkette aux mèches vertes. C'était bon. Bon et frustrant. Bon et humiliant. Je les entendais parler comme si je n'étais pas là. Pour elles, je n'étais qu'un automate. Elles m'utilisaient pour leur souper de reines comme elles se servaient de la table où elles mangeaient, des chaises sur lesquelles elles trônaient, des chaussures qu'elles portaient aux pieds (dans lesquelles elles transpiraient peut-être ?). Elles avaient fait de moi une chose. Pourtant, Tamara demanda soudain à Sabine :
_ Tu crois qu'il nous écoute ?
_ Qui ?
Pour toute réponse, elle lança un regard dans ma direction, un regard expressif qui signifiait clairement « l'autre con » ou quelque chose comme ça.
_ Tu veux dire le demeuré ?
Elles éclatèrent de rire.
_ Qu'est-ce qu'on en a à foutre ?
_ De toute façon, il est trop stupide pour comprendre, pas vrai larbin ?
_ Quoi ? dis-je d'un air ahuri pour leur donner raison.
Elles rirent à nouveau, sauf Lucie qui m'expédia un brutal coup de pied dans le tibia avec la pointe de sa botte.
_ On dit comment ! cria-t-elle tandis que je serrais les dents pour ne pas gémir de douleur.
_ Comment ? articulai-je avec difficulté.
Elle frappa au même endroit, avec la même vigueur et la même précision, m'arrachant cette fois une plainte lamentable.
_ Comment qui, Ducon ?
_ Comment Madame ?
_ Comment quoi ? continua-t-elle tandis que ses copines s'esclaffaient de plus belle.
Je ne savais plus quoi répondre. Perturbé par la douleur, déstabilisé par la peur et par la honte, j'avais perdu le fil, je ne savais plus où j'en étais.
_ A qui tu t'adresses, imbécile ?
_ ?A vous Madame ? me risquai-je après avoir hésité?
Elle abattit aussitôt son talon gauche sur mes doigts de pieds. La souffrance me fit d'abord sursauter, puis je me contorsionnais en essayant de rester debout tandis qu'elle continuait à écraser mes orteils, az, je vous en prie Madame?

Mais elle continuait. Et tandis qu'elle me fixait _sublime et impitoyable_ je constatais amèrement qu'elle se délectait du supplice qu'elle m'infligeait. Je compris qu'il était inutile de l'implorer encore et je me tus. Je courbai la nuque et restai là, crispé et tremblotant. Les autres ne faisaient plus attention à nous. Elles s'étaient lancées dans une nouvelle conversation. Mais Lucie ne me lâchait pas. J'allais m'évanouir. Je ne sais pas si elle s'en rendit compte, mais elle me libéra. Sur le moment, la douleur devint plus intense et une sorte de voile froid m'enveloppa. Je me mordis violemment la langue pour rester lucide. Quand je repris mes esprits, rien n'avait changé : les filles étaient encore à table et j'attendais, debout près d'elles, à leur disposition, plus que jamais vaincu et soumis.

Un monument
Les petites tortures que m'avaient infligées Lucie m'avaient cependant fatigué et je n'étais plus aussi attentif. J'avais envie de m'allonger sous la table. J'avais envie qu'elles reposent leurs pieds sur moi, sans appuyer, juste sentir le contact de leurs semelles, puis le temps passant, elles ôteraient avec nonchalance leurs souliers, je sentirais alors les chaussettes malodorantes et les plantes des pieds nus sur ma peau? J'en étais là de ma rêverie quand je fus soudain aspergé par le contenu du seau à glace (je n'avais rien vu venir).
_ Mais tu dors ou quoi ! vociférait Sabine, qu'est-ce que t'attends pour aller chercher une autre bouteille !
_ Le déluge ! gueula Tamara d'une voix nasillarde (ça tombait bien, vu ce que je venais de prendre?).
Je me dépêchai d'obéir avant qu'elles s'énervent pour de bon. Mais, tandis que je revenais de la cuisine, un magnum à la main, Sabine qui s'était dissimulée près de la porte me fit un croche-patte et je m'affalai dans un concert d'applaudissements et un tumulte rigolard. Avant que je me sois relevé, Sabine avait posé le pied sur mon dos et, comme une dompteuse, elle exhibait fièrement son biceps droit en pliant le bras avec le poing fermé, son autre poing sur la hanche. Tamara lui demanda de garder la position pour faire des photos. Elles s'y mirent toutes ensembles avec leurs mobiles, filmant, photographiant, commentant? de vraies petites japonaises devant un monument touristique, un monument à la gloire féminine et à la honte masculine. Connaissant Tamara, je me disais qu'elle n'hésiterait pas à faire circuler ces documents sur le net si Sabine lui en donnait l'autorisation et je plongeai la face dans la moquette pour me dissimuler, rouge de honte. Pour finir, Katia ramassa la bouteille qui avait roulé sur le sol, la déboucha et en vida le contenu sur ma tête et sur mon dos. Enfin, elle l'enfonça brutalement dans mes fesses. La vision de mon corps étendu à plat ventre, trempé, une bouteille vide plantée dans le cul a dû leur plaire car elles ont pris une nouvelle série de clichés et de vidéos. Quand elles en eurent assez, Lucie m'a ordonné d'aller chercher une nouvelle bouteille :
_ Dépêche-toi larbin !
_ Oui Madame?

Docile, je revins aussi vite que je le pus au salon, mais j'eus une appréhension avant d'en franchir le seuil : ne me tendaient-elles pas un nouveau piège ? qu'allaient-elles encore inventer, avec leur esprit délicieusement démoniaque ? Pour être franc, j'espérais l'embuscade autant que je la redoutais : c'était si bon d'être le jouet des femmes, le souffre-douleur qu'elles repoussaient du pied, le nounours qu'elles écrasaient? Je fus à la fois déçu et soulagé en les trouvant attablées. Je me hâtai toutefois de faire le tour de ces joyeuses convives resplendissantes et endiablées, servant toutes les coupes qu'elles porteraient à leurs lèvres? J'achevai ma tournée en remplissant celle de Caroline, qui l'avait laissée posée sur la nappe, à ma portée, gardant ainsi les mains libres (elle avait préparé son coup) : dès que le verre fut plein, elle enfonça d'un geste vif son coude dans mon estomac (c'était facile pour elle car elle était assise et moi debout derrière elle). Comme je me pliai en deux, elle me saisit le crâne avec la même dextérité et m'écrasa la face sur la table. Du sang jaillit de mes narines. Remontant sa main sur mon front, elle me fit basculer en arrière. Je roulais sur le sol comme un vulgaire paquet de linge sale. Et Caroline fut ovationnée par ses copines? Tandis qu'elles s'esclaffaient, je me traînais par terre, sonné. Leurs exclamations pleines de gaieté et d'excitation se perdaient pour moi dans le tumulte. Je suis resté plusieurs minutes dans cet état d'hébétude et elles ne s'en sont même pas rendues compte. Le sang sécha dans mon nez et je revins à moi quand je commençai à étouffer. Je toussai plusieurs fois avant de pouvoir reprendre un souffle régulier. J'allais toutefois devoir respirer par la bouche jusqu'à la fin de la soirée et je craignais qu'il leur prenne l'envie soudaine de me bâillonner. C'aurait certes été une belle mort, mais la vie était si bonne aux pieds des filles que je n'aurais voulu la perdre pour rien au monde ! Je rassemblai donc mon courage et revins me poster près de la table afin d'être prêt à les servir encore, que ce soit pour leur passer des plats ou être leur punching-ball. Bien sûr, je ne me tenais plus aussi droit, j'étais pantelant maintenant, mais encore debout.

Sac à merde
Ce n'était pas assez. Je ne réagis pas assez vite lorsqu'il fallut débarrasser les assiettes et Katia m'en jeta une en pleine figure. Tandis que je me baissais pour la ramasser, Caroline bondit sur mon dos. Je tombais à quatre pattes.
" Aller ! Hue dada ! " siffla-t-elle en me cinglant les fesses et en me tirant les cheveux : " Hue dada ! ".
Je dus faire le tour du salon, comme un âne transportant sur son dos une princesse aussi belle qu'hystérique, sous les sifflets enthousiastes de ses amies. Déchaînée, elle me pinçait, me giflait, me griffait. Elle allait jusqu'à marteler mes épaules et mon dos de ses jolis poings nus. Comment ceux-là pouvaient-il être si lourds et si durs ? Ils faisaient un bruit mat en me heurtant. Je connaissais ses mains merveilleuses, élancées et fines, aux doigts délicats. Jamais je n'aurais pu imaginer qu'elle était aussi forte.
_ Maintenant, tu vas braire comme une mule, m'ordonna-t-elle.
_ Hi Han ! Hi Han ! Hi Han?
_ Encore, sale con !
_ Hi Han ! Hi Han ! Hi Han ! Hi Han ! Hi Han !
_ Ca lui va bien, pas vrai les filles ?
_ Ouais ! s'exclamèrent-elles d'une seule voix.
_ Hi Han ! Hi Han ! continuais-je, à bout de souffle. J'avançais de plus en plus péniblement sous le poids de Caroline qui continuait à me battre.
_ Fais-lui faire le porc ! proposa Tamara.
_ T'as entendu tête de lard ?
Je me mis à brailler du mieux que je le pouvais. Le petit jeu continua jusqu'à ce que je m'effondre. Alors Caroline m'envoya un coup de pied dans le ventre.
_ Debout !
Mais j'étais incapable de bouger. Elle a posé son pied sur ma tête. Elle a appuyé, puis elle a frotté sa semelle sur ma joue. Comme je ne réagissais toujours pas, elle m'a demandé :
_ Eh la loque, t'es mort ?
_ Je n'en peux plus Madame? soupirai-je.
Impitoyable, elle s'est juchée des deux pieds à la fois sur ma tête. Elle est restée là debout, bien droite, les poings sur les hanches, puis elle s'est tournée vers ses amies et leur a annoncé, entre rire et mépris :
_ Eh les filles ? Vous savez quoi ? Il n'en peut plus !
_ Le pauvre, a répliqué Sabine avec ironie.
Ensuite, je l'ai entendue se lever, marcher jusqu'à moi, ça s'est passé vite, et j'ai reçu son pied dans les couilles.
_ Ca va mieux maintenant ? m'a-t-elle demandé pendant que je me tordais de douleur, t'en veux peut-être encore ?
_ Soit pas trop dure avec lui, a dit Katia, il a peut-être besoin de reprendre des forces. Il faut qu'il mange quelque chose, cet animal.
Elle s'est approchée de moi tout en parlant, un plat à la main. J'ai à peine eu le temps de reconnaître la charlotte au café que j'avais achetée pour elles : déjà Katia était assise sur mon torse et me l'étalait sur le visage et dans les cheveux.
_ C'est bon mon p'tit cochon ? T'aimes ça ? Non ?
_ C'est trop bon pour lui.
_ T'as raison. Va chercher la poubelle.
_ Il n'a qu'à aller la chercher lui-même, ce sac à merde !
_ Comment tu dis ?
_ Sac à merde.
Il y a eu un silence, puis Caroline a repris, sans quitter Katia des yeux :
_ Tu penses à ce que je pense ?
_ Je crois bien?
_ J'y pensais aussi depuis un moment, a avoué Tamara, mais je n'osais pas?

Les sirènes
Katia s'est relevée. Les filles ont fait cercle autour de moi tandis que Tamara baissait sa minijupe. Elle ne portait pas de culotte. Elle s'accroupit au-dessus de ma face et commença à pisser. Le jet tombait dru et malodorant. L'urine m'entrait dans les narines, dans la bouche? Le goût en était infect, acide et sec.
Quand elle a terminé, elle s'est relevée et m'a giflé avec son pied botté.
_ C'était bon, larve ?
_ Oui Madame.
_ Qu'est-ce qu'on dit ?
_ Merci Madame.
_ A mon tour ! s'est écriée Lucie avec allégresse : l'alcool, c'est bon mais ça fait pisser !
Elles se sont toutes soulagées l'une après l'autre. Je baignais dans l'urine. Mais l'orgie n'était pas terminée. Tamara a remis ça. Cette fois, elle m'a chié dessus. Elle s'est essuyée avec les belles serviettes que j'avais mises à leur disposition et elle les a aussi utilisées pour bien étaler sa merde sur ma gueule. Ensuite, elle a enfoncé la plus souillée dans ma bouche. Les filles étaient restées en cercle autour de moi pour bien assister à la scène. Elles se tenaient ensemble, les bras par-dessus les épaules. Tamara m'a craché dessus avant de les rejoindre. J'étais à leurs pieds, battu, humilié, épuisé, sale et malodorant. C'était leur ?uvre et elle la contemplait en silence. Je restais immobile tandis qu'elles savouraient le spectacle lamentable que je leur offrais malgré moi. Leurs regards brillaient de plaisir, de dédain, de moquerie? Elles se sentaient réellement supérieures à moi et ça se voyait. Elles étaient supérieures à moi. Elles l'avaient toujours été.
Enfin, Caroline a posé un pied sur mon torse. Bientôt rejointes par Sabine, puis Katia, Tamara et Lucie.
_ Je vous aime? ai-je murmuré.
_ On veut pas t'entendre ! a répliqué Lucie.
Joignant le geste à la parole, elle s'est détachée du groupe pour aller chercher de quoi me bâillonner. Comme un imbécile, j'avais mis tout mon équipement sado-maso bien en évidence à leur disposition. Elle n'a eu qu'à se servir. En la voyant faire, les filles se sont à nouveau excitées. Elles l'ont aidée à m'enchaîner au radiateur. Je respirais difficilement à cause des croûtes de sang et de la merde dans mon nez. Puis elles se sont amusées à saccager l'appartement, sous mes yeux impuissants. Ca n'était pas assez d'avoir taché ma belle moquette avec de la nourriture, de l'alcool, du sang, de la pisse et de la merde? Maintenant, elles jetaient ma vaisselle, mes bibelots, renversaient mes meubles, salissaient mes murs? C'étaient des Diablesses déchaînées ! Avant de partir, elles ont monté le thermostat à fond pour que les barreaux du radiateur me brûlent bien la chair. Je me souviens de la porte qui a claqué et de leurs rires dans l'escalier de l'immeuble. Puis tout s'est englué peu à peu. J'avais chaud, j'avais soif, j'étais éreinté. J'avais mal partout. Elles m'avaient tellement battu et elles avaient serré les liens si fort ! J'ai lentement perdu conscience. Quelque part, au fond de mon esprit, une sorte d'alarme carillonnait : j'allais crever ici, c'était fini, j'allais mourir de faim, de soif, de fatigue? Je voulais vivre pour les servir encore, pour les admirer, les adorer, les déifier ! Mais j'étais brisé et je sombrais. Est-ce cette même alarme qui s'est lentement transformée ? Il m'a semblé entendre des sirènes. D'abord ténues, elles sont devenues de plus en plus nettes et perçantes. Pénétrant dans mon sommeil, elles me ramenaient à la réalité et je me suis définitivement réveillé quand la porte de l'appartement s'est ouverte. Quatre jeunes femmes flics sont entrées chez moi.
Elles portaient la tenue réglementaire : chemise bleu ciel à manches courtes, ceinturon avec matraque, menottes et revolver, long pantalon noir et bottes épaisses en cuir.

Barbara
" Il respire encore ! " a crié l'une d'elle qui s'était penchée sur moi pendant que les autres fouillaient l'appartement dévasté. Puis elle a voulu me libérer mais elle s'est vite arrêtée :
_ Putain ! Il est plein de merde !
_ Et dégoulinant d'urine, a renchéri sa collègue qui l'avait rejointe.
Elles étaient belles. Je me suis dit que je devais rêver, mais ça n'a pas arrêté mon délire.
" Bon, qu'est-ce qu'on fait les filles ? On le laisse crever ou on l'achève ? "
La réponse ne s'est pas fait attendre : l'une d'elles m'a expédié un coup de pied dans les côtes. J'ai poussé un hurlement étouffé par le bâillon. Les nanas rigolaient, toutes les quatre autour de moi. Mon compte était bon cette fois. Nul doute qu'elles allaient m'achever. Mais une sonnerie de mobile les a stoppé avant même qu'elles commencent mon exécution.
" Lieutenant Lanski à l'appareil? Ouais, le colis est là? D'accord, on s'en occupe ".
Elle a accroché son téléphone à sa ceinture, à côté de la matraque et elle a annoncé :
_ Bon les minettes, il ne faudrait pas oublier que cette chose répugnante est un homme, ce qui veut dire que son cas est grave.
_ C'est vrai, ça.
_ Alors vous savez comme moi ce qu'on va en faire...
Mais aucune ne s'est décidée à bouger. Elles restaient là, à me regarder. La peur me glaçait le sang maintenant et mon palpitant s'emballait. Pourquoi fallait-il que j'aime autant obéir aux filles ? Pourquoi avais-je tant besoin des humiliations qu'elles me faisaient subir ? Quelles tortures allaient-elles encore m'infliger ?
La brune avec une queue de cheval a soudain tourné les talons. Je l'ai entendue fouiller le tiroir où je rangeais mes couverts. Elle est revenue avec mon couteau à viande. Elle s'est placée devant moi, bien campée sur ses deux jambes, et elle m'a montré la lame qui étincelait. J'ai fermé les yeux.
" Regarde-moi, chien ! "
Mes paupières se sont soulevées comme si elles n'obéissaient plus à ma volonté mais à la sienne. Je tremblais tandis qu'elle continuait son manège avec le couteau, dessinant dans l'air des signes cabalistiques sans me quitter des yeux. Elle était sublime et terrifiante. Petit à petit, elle approchait l'arme de mon visage. Les trois autres jeunes femmes la regardaient faire en silence. Je ne sais pas si elles étaient médusées ou si elles jouissaient.
Finalement, le lieutenant Lanski a ordonné de sa belle voix :
_ Vas-y Barbara, fais-le, maintenant.
_ Yoooo ! a clamé Barbara en fondant sur moi.
Elle était à ma hauteur à présent, accroupie devant moi, se tenant d'une main au radiateur auquel j'étais enchaîné. Elle faisait glisser la lame sur mon visage, enlevant des excréments au passage, coupant un peu ma peau ici et là, superficiellement mais suffisamment pour faire couler le sang.
" Par quoi je commence ? " susurrait-elle : " C'est bon là ? " continuait-elle en enfonçant un peu le métal sous ma pommette, " Oh oui c'est bon hein mon mignon, tu aimes quand maman s'occupe de toi ?? Oups ! ça saigne ! J'y suis allée un peu trop fort mon minet? tu vas être tout barbouillé de rouge ". Elle avait pris une voix de gamine. Elle était complètement folle ! Encore plus dingue que moi. J'étais si terrorisé que des larmes roulaient sur mes joues souillées et blessées. " Hoooo, il pleure le bébé, comme je suis désolée et confuse, mais ne t'inquiète pas petit garçon, petite bitte sale et dégueulasse, maman va arranger ça. " Sur ces derniers mots, elle a soudain fait mine de m'égorger pour de bon. Mais en réalité, elle s'était contentée d'enfoncer seulement le manche du couteau dans ma trachée. Et elle l'y laissait tandis que j'étouffais  ! est intervenue Mademoiselle Lanski tandis que j'agonisais.
_ Dommage, c'était bien? a fait Barbara en me relâchant à regret.

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