Evènements fétichistes et érotiques
Une chronique proposée par MaitresseMonozuki
depuis le 28/05/2008
Maîtresse Monozuki vous propose au travers de cette chronique le récit de ses visites dans les différentes expositions, galeries, musées, soirées SM et autres évènements.
Katsushika HOKUSAI "l'affolé de son art"

On connaît les estampes japonaises, un art de la gravure extrêmement fin et délicat. C'est un genre d'expression tout à fait particulier dont la déclinaison érotique a fait tout son succès.
Dire à quelqu'un de venir voir mes estampes japonaises est une métaphore sexuelle à peine déguisée.
en vous, prend possession de votre corps et de votre âme. reçoit un mail de rupture qui se termine par ces mots : "Prenez soin de vous."
L'artiste en fait une exposition.

Un graveur de talent, un dessinateur hors pair

Crédit Photo : Exposition HOKUSAI : estampe
Le parcours de Katsushika Hokusai (1760-1849) est particulièrement riche et intéressant. C'est d'abord un graveur de talent, puis un dessinateur hors pair, un maître en la matière.
Ses compositions ont cette précision toute japonaise avec le souci du détail et l'équilibre cosmologique. Ses gravures s'inscrivent dans un mouvement d'équilibre entre la terre et le ciel ou la mer et le ciel. Les symboliques y sont très fortes et il a su développer les lignes de perspective. Sa série d'estampes sur le Mont Fuji est tout à fait remarquable autant dans les couleurs que dans l'audace des compositions.
Comme tout artiste Hokusai a connu des moments difficiles. C'est alors qu'il a composé ses fameuses gravures érotiques. Il y en a une série de douze exposées au musée Guimet. Les sexes y sont protubérant et au centre des compositions. Pour bien cerner le sujet les sexes masculins sont disproportionnés, tout à fait énormes comme objets sublimés. Les bassins sont tendus, les chattes ouvertes. Les actes sexuels y sont explicites. Les personnages sont habillés le plus souvent mais laissent à nu les parties génitales pour mieux les souligner et nous permettre d'assister à l'acte dans tous ses détails les plus crus.
L'artiste ne manque pas d'humour, il y a dans un coin d'une des estampes deux petites souris noires en train de baiser, parodiant ce qui se passe au centre du tableau. La plupart des estampes ont deux ou trois personnages. Dans ce cas le troisième est voyeur et nous renvoie à notre propre regard sur le couple en plein coït. Hokusai a innové en mettant en scène de véritables partouzes avec plusieurs personnages. Les sexes sont parfois enserrées dans des liens qui les rendent encore plus énormes, prélude à des jeux SM. Les femmes sont avenantes, les chattes bien ouvertes, même si les visages ne montrent pas d'expression de plaisir. La femme prend souvent en main la protubérance mâle ou chevauche son partenaire.
Les premières estampes sont arrivées en Europe vers 1860, elles servaient d'abord de papier d'emballage pour les porcelaines. Très vite des gens les ont collectionnées, comme les frères Goncourt. Les peintres impressionniste se les ont appropriées ensuite, ils y ont puisé une certaine inspiration à l'instar de Claude Monet ou de Vincent Van Gogh.
En 1880 la photographie a sonné le glas de ces représentations érotiques. On s'excitait alors sur d'autres formes d'images plus modernes et précises et on connaît la passion des Japonais pour la photo, mais c'est une autre histoire.

Exposition HOKUSAI : "l'affolé de son art" Musée Guimet du 21 mai au 4 août 2008.

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